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Nesle : un fouilleur clandestin détenait des obus encore actifs

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Interpellé dimanche dans le secteur de Nesle alors qu'il sillonnait une zone de l'ancienne ligne de front avec un détecteur de métaux, un homme a reconnu pratiquer des fouilles illégales. La perquisition de son domicile a révélé des obus de la Première Guerre mondiale encore actifs, neutralisés par les démineurs. Les recherches de munitions sont interdites dans toute la Somme.

Nesle : un fouilleur clandestin détenait des obus encore actifs
Visuel d’illustration

Dimanche 25 octobre 2026, les gendarmes ont interpellé un homme en voiture dans le secteur de Nesle, au sud-est de la Somme, à proximité de l'ancienne ligne de front de la Première Guerre mondiale. À l'intérieur du véhicule, les militaires ont découvert un détecteur de métaux ainsi qu'un sac contenant des munitions datant de 1916. D'après la gendarmerie, l'homme a reconnu être venu sur place pour y pratiquer des fouilles, sachant que le terrain recèle encore des munitions de la Grande Guerre.

La perquisition menée ensuite à son domicile a livré une découverte plus préoccupante : plusieurs obus encore actifs. L'ensemble du matériel et des munitions a été saisi, et les démineurs du centre de Laon (Aisne) sont intervenus pour désarmer les engins.

Une pratique interdite sur tout le département

Plus d'un siècle après la fin des combats, les traces de la Grande Guerre restent bien présentes dans les sols de la Somme : obus et munitions affleurent parfois à quelques centimètres de profondeur. Les recherches à l'aide d'un détecteur de métaux sont interdites sur l'ensemble du département. « Il y a un péril imminent à cause des obus non exposés », explique Jean-Yves Dochy, capitaine adjoint commandant la compagnie de gendarmerie de Péronne. Les contrevenants s'exposent à une amende pouvant atteindre 1 500 euros, portée à 3 000 euros en cas de récidive.

Contrairement à une idée reçue, le détecteur lui-même ne peut pas faire détoner un obus. Le danger vient surtout du geste qui suit : il suffit d'un coup de pelle mal placé pour provoquer une explosion. L'année dernière, un ouvrier d'un chantier de terrassement avait été légèrement blessé à Moreuil, au sud d'Amiens, après l'explosion d'un obus de la Grande Guerre.

Que faire en cas de découverte ?

En cas de découverte d'un obus ou de tout objet suspect, la consigne est claire : ne pas y toucher et prévenir immédiatement les forces de l'ordre au 17. En juin dernier déjà, un homme s'était présenté à la gendarmerie d'Albert avec un sac contenant deux grenades et un obus de mortier datant de la Première Guerre mondiale, un scénario que les militaires déconseillent fortement.

L'interpellation de Nesle rappelle que le patrimoine funeste enfoui dans la terre picarde, héritage de la Bataille de la Somme de 1916, demeure une réalité quotidienne et dangereuse, que gendarmes et démineurs rappellent régulièrement aux curieux trop zélés.

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