Fresnoy-le-Grand : Le Creuset mis en demeure par la préfecture de l'Aisne après de nouveaux manquements environnementaux
La préfecture de l'Aisne a signifié début octobre un arrêté de mise en demeure au fabricant de cocottes Le Creuset, installé à Fresnoy-le-Grand. L'entreprise dispose de deux mois pour se conformer aux obligations environnementales imposées en février, après une inspection de juillet. À défaut, elle risque jusqu'à 45 000 euros d'amende et la suspension de ses activités.

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Le Creuset, la manufacture de cocottes en fonte implantée depuis plus d'un siècle à Fresnoy-le-Grand, dans l'Aisne, est de nouveau dans le viseur de la préfecture. Début octobre, le représentant de l'État a signé un arrêté de mise en demeure enjoignant à l'entreprise de se mettre en conformité sous deux mois, une information révélée vendredi 30 octobre par le Courrier Picard et confirmée depuis par France 3 Hauts-de-France et Seven Radio.
Le litige remonte à février 2026. La préfecture sommait alors l'industriel de revoir la gestion de ses eaux usées sur son site aisnois, après des prélèvements ayant révélé à sept reprises des taux de cadmium supérieurs aux normes. Or, lors d'une visite menée en juillet, une inspectrice de l'environnement a constaté que plusieurs de ses obligations n'avaient toujours pas été respectées.
L'inspection a relevé deux manquements. Le premier concerne les prélèvements réalisés dans les boues d'émail, épinglées pour leur trop forte concentration en cadmium : si l'entreprise les a bien fait effectuer, la méthodologie, la provenance et la date des échantillons ne peuvent être prouvées. Le Creuset devra donc faire réaliser de nouvelles analyses par un laboratoire agréé, afin de caractériser la dangerosité des fines générées par les dépoussiéreurs et des boues sortant de sa station d'épuration.
Le second manquement porte sur une cuve mélangeur destinée à déverser dans la station d'épuration des « big bags » de poussières issues des ateliers, un procédé interdit par la loi. Dès février, l'entreprise avait l'obligation de se défaire de ce récipient, susceptible de contenir des déchets dangereux. Il était toujours en place lors du contrôle de juillet.
L'arrêté d'octobre fixe un délai de deux mois pour se conformer. À défaut, l'industriel s'expose à une amende pouvant atteindre 45 000 euros, à la suspension de ses activités jusqu'à l'exécution des mesures imposées, voire à leur application d'office à ses frais.
Contactée par France 3, la direction affirme être « profondément attachée à son histoire de plus de 100 ans, à Fresnoy-le-Grand » et assure que la sécurité de la communauté « a toujours été une priorité absolue ». Le Creuset indique par ailleurs poursuivre ses échanges avec les autorités compétentes « de manière ouverte et constructive ».
La manufacture, fleuron industriel du Saint-Quentinois, devra démontrer dans les prochaines semaines sa capacité à respecter l'arrêté de février. Les nouvelles analyses toxicologiques demandées devraient déterminer la dangerosité réelle des résidus de production stockés sur le site.
Sources
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