Une opération de décantonnement de grands cervidés s'est déroulée lundi 14 septembre à Retheuil, commune de l'Aisne située à l'ouest de Soissons. Une vingtaine de personnes, notamment des lieutenants de louveterie et des forces de l'ordre, ont parcouru près de 100 hectares pour éloigner les animaux. Selon Echo FM, entre 80 et 90 cervidés ont ainsi été évacués vers la forêt.
L'opération, autorisée par un arrêté préfectoral, s'est déroulée dans le calme et sans incident. Sa justification est double : limiter les risques d'accidents sur les routes et réduire les dégâts causés aux cultures agricoles, estimés à plus de 40 000 euros en trois ans.
Une contestation locale
Le collectif AVA (Abolissons la vénérie aujourd'hui) conteste cependant la manière dont l'opération a été conduite. Dans un communiqué transmis lundi 14 septembre, rapporté par Oise Hebdo, il dénonce une « grande opacité » : le maire de Retheuil n'aurait été informé qu'en mi-journée que l'intervention aurait lieu dans l'après-midi, à une heure tenue secrète. L'édile aurait relayé l'information à ses administrés via le groupe WhatsApp de la commune, regrettant que « les procédures administratives n'aient pas été respectées ».
L'opération a débuté vers 14 heures. Selon le collectif, le lieutenant de louveterie et son équipe, accompagnés de gendarmes, ont fait usage de trompes pour effrayer les animaux, en entrant sur des terrains privés, au grand étonnement des riverains. Interrogé par une habitante, le lieutenant de louveterie aurait assumé que l'opération ait été tenue secrète « pour éviter d'être empêchée ».
Une pétition et un calendrier critiqué
À la fin du mois d'août, des riverains de Retheuil avaient lancé une pétition pour s'opposer « au délogement de la harde de cerfs et de biches présente à Retheuil ». Lundi 15 septembre en mi-journée, elle avait rassemblé 1 091 signatures.
Le calendrier retient aussi l'attention du collectif : la saison de chasse à courre reprenait mardi 15 septembre. Pour AVA, l'opération visait à rediriger les cervidés vers les zones où ils pourront être traqués, ce que conteste implicitement la justification officielle de l'intervention, fondée sur la sécurité routière et les dégâts agricoles.
Points restant à confirmer : les détails de l'arrêté préfectoral et la position officielle de la préfecture de l'Aisne n'avaient pas été rendus publics au moment de la rédaction.



