La 40e brocante de Margny-lès-Compiègne (Oise) s'est tenue dimanche 13 septembre dans le centre-ville, mais dans une ambiance bien différente des éditions précédentes. L'événement, qui rassemble habituellement environ 450 exposants et des milliers de visiteurs, a connu une affluence nettement plus faible, aussi bien côté brocanteurs que côté public.
La raison de ce creux tient au calendrier. La brocante devait initialement se tenir le dimanche 6 septembre, date inscrite à l'agenda depuis un an. Mais ce même jour s'est déroulée une marche blanche en hommage à Paul Tancre, dit « Lapin », un père de famille membre de la communauté des gens du voyage, mort fin août à Bienville après une course-poursuite avec la police municipale de Margny-lès-Compiègne. La municipalité a choisi de reporter la brocante d'une semaine pour ne pas cumuler les deux rendez-vous, dans un contexte de forte tension et de dispositif policier renforcé.
Un choix lourd de conséquences pour les exposants et les visiteurs, nombreux à ne pas avoir suivi le changement de date. « C'est très clairsemé », constatait Le Parisien le jour même, parlant d'une « fête gâchée » pour cette édition anniversaire. Le report, annoncé tardivement, a brouillé les cartes : certains brocanteurs s'étaient déjà engagés sur d'autres manifestations le 13 septembre, et une partie du public n'a pas pris connaissance du nouveau calendrier.
Pour la commune, cette 40e édition restera comme celle d'un compromis difficile : préserver un rendez-vous populaire emblématique du début septembre sans heurter la mémoire d'un homme dont la mort a bouleversé la communauté des gens du voyage et au-delà. La marche blanche du 6 septembre s'était déroulée sous haute surveillance, avec des tensions et des interpellations en marge du recueillement.
L'événement devrait retrouver son créneau habituel l'an prochain, mais l'épisode illustre la difficulté pour les organisateurs de manifestations locales de s'adapter à l'imprévu, quand l'actualité s'invite dans l'agenda des fêtes de villages.



