L'association de chasse de Neuilly-en-Thelle (Oise) organise ce dimanche 13 septembre une battue aux sangliers, entre 8 heures et 16 heures. Une sortie rendue nécessaire, selon les chasseurs, par les dégâts répétés des sangliers dans les cultures de maïs de la commune et des environs, alors que les louvetiers du département sont déjà intervenus de nuit pour réguler la population, sans que cela suffise.
Sur sa page Facebook, l'association avait publié un message de prévention détaillé : les routes de Dieudonne et de Puiseux, ainsi que les chemins aux alentours de la centrale EDF et du chemin des Glands, seraient balisés de panneaux « Chasse en cours ». Les promeneurs étaient invités à la vigilance, le port d'un vêtement orange fluo étant fortement conseillé.
Cette annonce a déclenché une vague de réactions hostiles sur les réseaux sociaux. « Vous ne voyez pas les pires commentaires, on est obligés de modérer », s'est agacé Philippe Lobo, président des chasseurs de Neuilly-en-Thelle, qui évoque des menaces quotidiennes allant jusqu'aux menaces de mort. « Il y en a marre, la coupe est pleine », a-t-il soufflé.
Les chasseurs défendent la nécessité de cette régulation. Sur Facebook, ils estiment que « les sangliers sont devenus un enjeu politique » et rappellent leur argumentaire : environ 40 000 accidents par an liés au sanglier et des dégâts agricoles évalués à environ 90 millions d'euros par an. « En absence de grands prédateurs, seulement l'homme peut contrôler cette situation », écrivent-ils.
Selon Oise Hebdo, des militants anti-chasse devraient se rendre sur place pour tenter de perturber la battue, et les forces de l'ordre seront également présentes. « Nous, les consignes c'est de décharger et de déposer les armes quand ils sont là, on sait qu'ils vont venir pour nous pousser à l'erreur, indique Philippe Lobo. Mais on ne se laissera plus faire. Insultes ou menaces, on fera toujours remonter. » Entre 35 et 40 chasseurs et rabatteurs sont attendus ; le nombre de militants opposés reste inconnu.
Le maire de la commune, Denis Jacob, a publiquement apporté son soutien aux chasseurs et sera présent dimanche matin lors de la battue. Dans un communiqué rapporté par la presse spécialisée, il a condamné les propos agressifs, estimant que le débat et le désaccord sont légitimes, mais pas les insultes, la haine ni la confrontation physique.
Cette tension locale s'inscrit dans un contexte national de clashes croissants entre opposants à la chasse et pratiquants, quelques jours après des appels médiatisés à s'opposer physiquement aux battues. Le déroulement de la journée de ce dimanche à Neuilly-en-Thelle, sous surveillance des forces de l'ordre, dira si la sortie se passe sans incident.



