La biennale Usimages n'aura pas de nouvelle édition. Fin juillet 2026, l'Agglomération Creil Sud Oise (ACSO), par la voix de son nouveau président Omar Yaqoob, également maire La France insoumise de Creil, a décidé de mettre fin à ce festival de photographie dédié au patrimoine industriel et à la condition ouvrière, né en 2015.
Créée par le centre d'art photographique Diaphane, basé à Clermont-de l'Oise, Usimages présentait les travaux d'une dizaine à une quinzaine de photographes dans les onze communes de l'agglomération, dans l'espace public — île Saint-Maurice, promenades, places — et accueillait chaque édition des artistes en résidence venus construire en images la mémoire industrielle du territoire.
Une décision « brutale » et « unilatérale »
Dans un communiqué diffusé début septembre, Diaphane dénonce « une décision brutale » et « un grave désengagement culturel de l'agglomération Creil Sud Oise ». Le centre d'art regrette une suppression « prise unilatéralement, sans aucune concertation avec la direction de Diaphane et sans qu'aucun échange n'ait été engagé avec le nouvel exécutif », au cœur de l'été, au moment où l'attention publique est traditionnellement moindre.
Côté agglomération, les défenseurs de la décision invoquent des priorités budgétaires à revoir et un faible rayonnement de l'événement au regard de son coût, supérieur à 100 000 euros de subventions selon ses détracteurs — des explications contestées par les organisateurs. Le montant précis de l'enveloppe n'a pas été rendu public.
L'ancien président Jean-Claude Villemain monte au créneau
Le dossier a rapidement pris une tournure politique. Jean-Claude Villemain, ancien président de l'agglomération sous l'égide duquel l'exposition est née, a publié ces derniers jours une charge virulente sur les réseaux sociaux. « La culture n'est pas un objectif prioritaire du maire-président de Creil », écrit-il, rappelant que la biennale était « la seule expo qui parlait des salariés, de leur travail », les photographes passant de longs mois en immersion dans les usines, bureaux, ateliers et chantiers du territoire.
La controverse, largement reprise sur les réseaux sociaux et par plusieurs médias nationaux, s'installe durablement dans le paysage politique local, à quelques mois des échéances municipales. Les lieux habituels de l'exposition — l'île Saint-Maurice de Creil en tête — resteront vides cette année.



