La campagne des vendanges 2026 s'achève dans l'Aisne, l'un des rares départements des Hauts-de-France à accueillir des vignes de l'appellation Champagne, autour de Château-Thierry et du sud de l'Aisne. Une récolte marquée par la précocité : les premiers raisins ont été coupés dès la fin août, certains viticulteurs ayant même démarré mi-août.
Une année climatique exigeante
La saison a été éprouvante pour les vignerons axonais. Gel printanier, épisodes de grêle localisés, sécheresse et fortes chaleurs estivales ont pesé sur les volumes. Au niveau de l'appellation Champagne, le rendement commercialisable a été fixé à 8 800 kilogrammes par hectare pour la campagne 2026, contre 9 900 kg/ha en 2025, selon le Comité interprofessionnel du vin de Champagne : l'un des plafonds les plus faibles des vingt dernières années, hors exception de 2020. Plusieurs viticulteurs signalent des récoltes très en deçà de la normale, alors que la situation économique des exploitations est jugée très compliquée.
En revanche, la qualité des raisins est décrite comme prometteuse, avec une bonne maturation favorisée par la météo estivale et une pression sanitaire maîtrisée.
L'État aux côtés de la filière
Le sous-préfet de l'arrondissement de Château-Thierry, Marc André, s'est rendu dans les vignes à l'occasion de la tournée des vendanges, qui a fait office de bilan de campagne vu la précocité de la récolte. Il a souligné la mobilisation de l'État, son appui aux démarches de simplification administrative et son soutien face aux difficultés de la filière. Les échanges ont également porté sur la pérennité des exploitations, la transmission et l'installation des jeunes viticulteurs, ainsi que sur l'avenir du vignoble champenois axonais.
L'État a par ailleurs déployé des dispositifs de soutien aux agriculteurs de l'Aisne confrontés à la sécheresse, avec une cellule départementale dédiée et de nouvelles aides.
Un vignoble sous pression
Avec environ 10 % de l'appellation Champagne, le vignoble de l'Aisne reste un acteur majeur de l'économie locale du sud du département. La précocité croissante des récoltes et l'autorisation inédite donnée cette année de commercialiser des bouteilles au taux d'alcool plus élevé illustrent l'adaptation que le changement climatique impose à toute la filière.



