Le tribunal correctionnel d'Amiens a rendu son jugement mardi 3 novembre dans l'affaire de l'agression d'une surveillante pénitentiaire survenue en décembre 2020 devant son domicile, dans le sud de la Somme. L'homme reconnu comme l'auteur des coups a été condamné à cinq ans de prison ferme, assortis d'un mandat de dépôt. Le chauffeur a écopé de trois ans de prison, dont deux ans avec sursis. Les deux condamnés se voient en outre interdire de paraître dans la Somme pendant trois ans, ainsi que d'entrer en contact entre eux ou avec la victime pendant la même durée.
Les faits remontent au 20 décembre 2020. La victime, alors trentenaire et surveillante au centre pénitentiaire de Liancourt, dans l'Oise, venait de rentrer du travail lorsqu'elle a été agressée devant chez elle. Gazée puis frappée avec une bombe lacrymogène, elle avait ensuite été rouée de coups. Six jours d'interruption totale de travail lui avaient été prescrits.
Trois hommes comparaissaient pour agression en bande organisée, avec, pour deux d'entre eux, la circonstance aggravante de la récidive légale. À l'audience, l'auteur présumé des coups, déjà incarcéré pour d'autres faits, a reconnu avoir frappé la victime. Il a expliqué avoir accepté cette « commande » en échange de l'effacement d'une dette de 4 000 euros. Il avait reçu l'adresse de la victime, le modèle de son véhicule et le contact du chauffeur.
Interrogé sur l'origine de cette agression, il a désigné un de ses co-prévenus, un détenu incarcéré dans le bâtiment où exerçait la surveillante. Selon son récit, cet homme lui en voulait après la confiscation d'un téléphone lors d'une fouille. Le tribunal a toutefois jugé les éléments insuffisants pour condamner ce troisième prévenu, considéré comme le commanditaire présumé. Il bénéficie de la présomption d'innocence.
Après l'agression de décembre 2020, le parquet d'Amiens avait ouvert une information judiciaire, évoquant des violences préméditées vraisemblablement liées à l'activité professionnelle de la victime. Six ans plus tard, ce jugement clôt le volet pénal pour deux des trois mis en cause.



