Creil : le préfet de l'Oise défère au tribunal administratif l'arrêté anti-expulsions du maire
Pris mercredi 28 octobre par le maire LFI de Creil, Omar Yaqoob, pour suspendre les expulsions locatives sans solution de relogement, l'arrêté municipal a été contesté jeudi 29 octobre par la préfecture de l'Oise, qui saisit le tribunal administratif. La trêve hivernale entre en vigueur dès dimanche 1er novembre.

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Le bras de fer juridique est lancé entre la ville de Creil et l'État. Mercredi 28 octobre, le maire insoumis de Creil, Omar Yaqoob, a pris un arrêté municipal « suspendant » les expulsions locatives sur le territoire de la commune — du moins celles qui ne sont pas assorties d'une solution de relogement. À peine 24 heures plus tard, la préfecture de l'Oise a annoncé que le préfet, Jean-Marie Caillaud, saisissait le tribunal administratif pour faire annuler cet arrêté, jugé non conforme à la loi.
Dans un communiqué relayé jeudi par le maire, celui-ci dénonce « l'accélération des expulsions locatives avant la trêve hivernale » et souligne le taux de pauvreté élevé de la commune, la troisième ville de l'Oise. Il accuse également « certains bailleurs » d'avoir confirmé « leur choix d'abandon des locataires en n'allumant pas le chauffage dans des centaines de résidences de la commune ».
Une portée en pratique limitée. La trêve hivernale, qui interdit de fait les expulsions locatives, entre en application dimanche 1er novembre et durera jusqu'au 31 mars. L'arrêté creillois ne couvre donc que quelques jours. Interrogé par la presse locale, l'exécutif municipal assume pourtant une position de principe face à ce qu'il présente comme une urgence sociale.
Le sujet s'inscrit dans un contexte tendu autour du logement social : Omar Yaqoob avait brigué en septembre la présidence de l'OPAC de l'Oise, sans l'obtenir, à l'issue d'un scrutin très serré au sein du conseil d'administration. Il avait alors dénoncé une « éviction » de l'agglomération Creil-Sud-Oise de l'instance, un territoire qui compte environ 7 500 logements sociaux.
La procédure engagée par le préfet relève désormais du tribunal administratif, seul juge de la légalité de l'arrêté. Le résultat de cette contestation n'est pas connu à ce stade : rien ne permet de dire si l'arrêté sera annulé ou suspendu, ni selon quel calendrier. Les faits centraux de cette affaire — la prise de l'arrêté le 28 octobre et la saisine de la justice administrative annoncée le 29 octobre — sont confirmés par deux médias indépendants ayant consulté les documents et les déclarations des deux parties.
Sources
Environnement
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