Amiens : la SNCF supprime les navettes vers la gare TGV Haute-Picardie dès la mi-décembre, Amiens Métropole demande l'annulation
Sans annonce publique, la SNCF a décidé d'interrompre les cars qui relient la gare d'Amiens à la gare TGV Haute-Picardie : sur l'application SNCF Connect, plus aucune réservation n'est possible après le samedi 12 décembre. Frédéric Fauvet, président d'Amiens Métropole, demande l'annulation d'une décision jugée « incohérente », tandis que le président de la Région Xavier Bertrand la qualifie d'« honteuse ». La SNCF, qui invoque une fréquentation « très basse », n'a rien communiqué officiellement.

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À partir de la mi-décembre 2026, les voyageurs ne pourront plus rejoindre la gare TGV Haute-Picardie en car depuis la gare d'Amiens. La SNCF a décidé d'interrompre ces navettes routières, qui circulaient deux à trois fois par jour pour un trajet d'environ 45 minutes. La décision a été révélée par un courriel « très laconique » de la direction de l'axe TGV INOUI Nord, envoyé dans la soirée du jeudi 15 octobre, selon le communiqué du président d'Amiens Métropole Frédéric Fauvet relayé par ICI Picardie, qui indique avoir consulté ce message. Concrètement, sur l'application SNCF Connect, il n'est déjà plus possible de réserver un trajet après le samedi 12 décembre.
Surnommée la « gare des betteraves », la gare TGV Haute-Picardie se situe sur la commune d'Estrées-Deniécourt (Somme), entre Amiens et Saint-Quentin. Elle accueille chaque année environ 400 000 voyageurs et permet notamment de rejoindre l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle ou Lille en une demi-heure. Les navettes routières assurent la dernière liaison avec Amiens. Dans le courriel cité par ICI Picardie, la SNCF avance un motif simple : « La fréquentation des navettes routières est restée très basse. De ce fait, nous avons dû confirmer la décision d'interrompre ce service. »
Dans un communiqué publié vendredi 16 octobre, Frédéric Fauvet (PS), président d'Amiens Métropole et maire d'Amiens, demande « l'annulation de la suppression de ces navettes ». Selon lui, cette suppression « est un signal alarmant sur l'engagement de la SNCF à nos côtés pour développer les mobilités à Amiens et en Picardie » et laisse « les usagers sans solution ». « On ne peut pas défendre l'arrivée du barreau TGV et laisser dans le même temps se réduire les solutions offertes aux voyageurs », ajoute l'élu, pour qui cette décision est « incohérente avec l'ambition de mieux connecter Amiens aux grandes lignes nationales ».
L'indignation dépasse la métropole amiénoise. Brigitte Fouré, première vice-présidente de la Région Hauts-de-France et ancienne maire d'Amiens, lâche : « C'est un vrai scandale ! On ne va pas laisser passer ça. » Xavier Bertrand (LR), président du conseil régional, a adressé vendredi un courrier à Emmanuelle Chailley, directrice de l'axe TGV INOUI Nord : « Vous avez ainsi décidé de supprimer ces liaisons, sans information préalable de la Région ni des élus des communes concernées. Cette décision est honteuse, méprisante à l'égard des usagers et inacceptable », écrit-il, avant d'interroger : « Quelle réponse allez-vous apporter aux habitants de ces territoires qui n'ont pas de voiture ? » Il estime qu'« il est donc hors de question que la SNCF mette fin à ce service » et demande à l'entreprise de garantir la continuité de l'accès à la gare TGV Haute-Picardie.
Zone d'incertitude : à la date de cet article, la SNCF n'a procédé à aucune communication officielle sur cette suppression et n'avait pas répondu aux sollicitations de la presse locale. La justification d'une fréquentation « très basse » repose pour l'heure sur le courriel interne cité par ICI Picardie et sur les propos des élus. Rien n'indique non plus, à ce stade, si la pression des collectivités pourra faire revenir l'entreprise sur sa décision : Frédéric Fauvet comme Xavier Bertrand réclament le maintien du service. La question de la desserte de cette gare, déjà posée au printemps 2026 par ICI Picardie dans un reportage consacré à son avenir, revient ainsi au cœur de l'actualité picarde, alors que les usagers sans voiture voient leur accès aux grandes lignes nationales se réduire dès le 12 décembre.
Sources
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