Amiens : après dix ans de recherche contre Alzheimer, la start-up Glyx Therapeutics signe une licence exclusive
Issue du Laboratoire de glycochimie de l'Université de Picardie, la start-up amiénoise Glyx Therapeutics a signé mardi 13 octobre une licence exclusive avec la SATT Nord pour poursuivre le développement de candidats médicaments ciblant la protéine Tau, impliquée dans une vingtaine de maladies neurodégénératives dont Alzheimer.

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Une décennie de travail universitaire franchit une nouvelle étape. Mardi 13 octobre 2026, au Logis du Roy à Amiens, la start-up amiénoise Glyx Therapeutics a signé une licence exclusive avec la SATT Nord, la société de valorisation de la recherche publique, pour poursuivre le développement de « candidats médicaments » destinés aux maladies neurodégénératives, dont la maladie d'Alzheimer.
Une innovation née au laboratoire de glycochimie d'Amiens
Le projet est issu de plus de dix ans de recherche menés au Laboratoire de glycochimie et des agroressources d'Amiens (LG2A) de l'Université de Picardie Jules Verne, en collaboration avec l'Université Paris-Est Créteil. L'équipe d'Anne Wadouachi, professeure à l'UPJV, s'est intéressée à la protéine Tau, une molécule qui maintient l'intégrité des neurones. Lorsque la maladie démarre, cette protéine se détache des neurones et s'agrège dans le cerveau, provoquant la mort neuronale et, avec elle, des troubles cognitifs associés à une vingtaine de pathologies, dont Alzheimer.
Les composés mis au point à Amiens visent à agir en amont : ils empêchent la protéine de se détacher des neurones, là où les traitements actuels se contentent le plus souvent de ralentir la progression des symptômes. Les premiers tests menés sur des souris ont donné des résultats décrits comme encourageants par l'équipe, qui souhaite maintenant passer à la phase clinique, avec des essais sur l'homme débutés à de très faibles doses.
Une levée de fonds d'environ 5 millions d'euros en ligne de mire
Avant d'envisager ces essais, la jeune entreprise doit financer ses prochaines étapes. Son PDG, Fabrice Beauchêne, indique rechercher un premier million d'euros rapidement, destiné à vérifier la production de la molécule à des doses plus importantes, sa toxicité et le calcul du bon dosage chez l'homme. Quatre millions d'euros supplémentaires seraient ensuite nécessaires pour établir la preuve de concept chez l'homme. La voie vers une mise sur le marché reste toutefois longue et aucun calendrier de commercialisation n'est avancé.
Un enjeu de santé publique locale et nationale
L'enjeu est de taille : les maladies neurodégénératives touchent environ 1,5 million de personnes en France. Pour l'Université de Picardie, cette licence exclusive illustre aussi le transfert de technologies de la recherche publique vers l'économie régionale, la start-up restant implantée à Amiens.
Les informations de cet article ont été recoupées entre le communiqué de l'Université de Picardie Jules Verne et le reportage d'ICI Picardie, qui a recueilli les réactions de la chercheuse et du dirigeant de la start-up.
Sources
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