Warluis : le tribunal administratif d'Amiens annule l'autorisation de destruction de 12 espèces protégées pour un parc photovoltaïque
Le tribunal administratif d'Amiens a annulé jeudi 8 octobre l'arrêté du préfet de l'Oise qui autorisait la destruction de douze espèces animales protégées pour un parc photovoltaïque de 18,19 MWc sur l'ancienne friche Bonduelle, à Warluis. Saisie par l'association Picardie Nature, la justice estime que les mesures d'évitement et de compensation étaient insuffisantes. Le porteur du projet dispose de deux mois pour faire appel.

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Le tribunal administratif d'Amiens a annulé, ce jeudi 8 octobre, l'arrêté préfectoral du 17 novembre 2025 qui autorisait la société CPV Sun 64 à détruire douze espèces animales protégées sur le site d'un projet de parc photovoltaïque à Warluis (Oise). La juridiction a donné gain de cause à l'association naturaliste Picardie Nature, à l'origine du recours.
Le projet porte sur l'ancienne friche Bonduelle, laissée à l'état naturel depuis plus de trente ans. La société y envisage un parc photovoltaïque d'une puissance installée de 18,19 mégawatts-crêtes, soit l'équivalent de la consommation annuelle d'environ 9 400 habitants. Pour permettre la construction, le préfet de l'Oise avait accordé une dérogation à l'interdiction de destruction d'espèces protégées, décision que l'association avait contestée.
Dans son jugement, le tribunal rappelle qu'un tel projet ne peut être autorisé que s'il n'existe pas d'autre solution satisfaisante et si la dérogation ne nuit pas au maintien des populations concernées dans un état de conservation favorable. Il souligne que la friche accueille aujourd'hui une mosaïque de prairies, de friches et de fourrés, avec une biodiversité « particulièrement riche ».
Parmi les douze espèces concernées figurent des oiseaux nicheurs — dont le Pipit farlouse, inscrit sur la liste rouge des oiseaux nicheurs des Hauts-de-France, ainsi que l'Accenteur mouchet, le Bouvreuil pivoine, le Chardonneret élégant, le Rossignol philomèle et le Verdier d'Europe, jugés quasi menacés à l'échelle régionale —, onze espèces de chauves-souris recensées sur le site et une vipère. Le tribunal relève que la société n'a pas pris en compte l'avis du Conseil supérieur régional de protection de la nature et n'a pas mené d'étude sur les lieux de nidification des oiseaux. Surtout, aucune demande de dérogation n'avait été présentée pour les chauves-souris. La mesure de compensation prévue pour la vipère — la création d'un milieu favorable sur le site des marais de Froidmont, à plus de huit kilomètres — est jugée inadaptée, l'espèce n'y étant pas présente et ne pouvant s'y déplacer.
La société CPV Sun 64 dispose désormais de deux mois pour interjeter appel devant la cour administrative d'appel de Douai. Ce contentieux s'inscrit dans une série de décisions visant des projets solaires dans l'Oise : en février dernier, le même tribunal administratif avait suspendu l'exécution de l'autorisation d'une centrale photovoltaïque sur les communes de Rosières et Versigny.
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