Mouvement lycéen dans l'Oise : rassemblement calme à Creil, arrêté anti-pétards à Compiègne et première condamnation à Beauvais
Une semaine après le début de la mobilisation dans l'Oise, les lycéens maintiennent la pression contre le manque de moyens et Parcoursup. Jeudi 8 octobre, le rassemblement devant le lycée Jules-Uhry à Creil s'est déroulé dans le calme, la préfecture interdit les attroupements non déclarés autour de l'établissement ce vendredi, et le tribunal de Beauvais a prononcé la première peine ferme liée au mouvement.

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Une semaine après son lancement à Compiègne, le mouvement lycéen dans l'Oise ne retombe pas. Jeudi 8 octobre 2026, journée d'action appelée par les syndicats du secondaire, le rassemblement devant le lycée Jules-Uhry de Creil s'est déroulé dans le calme, tandis que la tension persistait à Compiègne et que le tribunal de Beauvais prononçait la première condamnation ferme liée aux manifestations.
Les revendications se retrouvent d'un établissement à l'autre. Parcoursup fait figure de point noir : les lycéens dénoncent aussi l'absence de remplacement des professeurs en cas d'arrêt et des emplois du temps surchargés, en lien avec la réforme du baccalauréat, détaillait actu.fr après le rassemblement de Creil. Le mouvement avait démarré le jeudi 1er octobre à Compiègne, avec des dégradations aux abords du lycée Mireille-Grenet, avant de se poursuivre les jours suivants.
Un arrêté municipal contre les engins pyrotechniques
Mercredi 7 octobre, des pétards, des fumigènes et plusieurs tirs de mortiers d'artifice ont été dirigés vers les forces de l'ordre devant le lycée Pierre-d'Ailly de Compiègne, notamment avenue du 25e RGA. En réponse, le maire (LR) Philippe Marini a pris un arrêté applicable du mercredi 7 octobre à 20 heures au samedi 10 octobre à 10 heures : la vente et la cession aux particuliers de mortiers d'artifice, pétards, fusées, chandelles romaines, fumigènes et feux de Bengale sont interdites sur l'ensemble de la commune, et leur détention ou utilisation sur la voie publique l'est également dans sept secteurs de la ville. « Lorsqu'ils sont volontairement dirigés vers les forces de l'ordre, nous ne sommes plus dans l'expression d'une revendication lycéenne, mais face à des actes de violence », a estimé l'élu, cité par actu.fr et Oise Hebdo.
À Creil, une matinée sous surveillance mais sans incident
Jeudi matin, devant Jules-Uhry, principal lycée de Creil avec plus de 1 400 élèves, les forces de police, casques et boucliers visibles depuis le boulevard de la République, sont restées à distance tandis que des élus municipaux et des militants FO et CGT de l'hôpital contribuaient à encadrer le rassemblement, malgré quelques tirs de mortiers d'artifice, relate actu.fr. Le nombre de participants n'a pas été communiqué.
Pour ce vendredi 9 octobre, la préfecture de l'Oise a fait interdire par arrêté les rassemblements non déclarés dans un périmètre de 50 mètres autour du lycée Jules-Uhry, une mesure « qui ne concerne pas les élèves et personnels du lycée se rendant en cours », précise-t-elle.
À Compiègne, la mobilisation s'est poursuivie malgré l'arrêté : vers 11 heures, les lycéens s'étaient réunis sur la place commerciale du Carré de la Victoire, devant les lycées Mireille-Grenet et Pierre-d'Ailly. La police nationale, la police municipale et des CRS ont contenu des groupes dont certains ont jeté des projectiles et tiré des pétards, selon Oise Hebdo. Des lycéens indiquent vouloir faire durer le mouvement jusqu'aux vacances de Toussaint.
Première peine ferme au tribunal de Beauvais
Jeudi, le tribunal de Beauvais a jugé en comparution immédiate un homme de 21 ans accusé de violences sur un agent de police municipale, sans incapacité et en récidive, le 6 octobre lors d'une manifestation. L'intéressé, qui reconnaît sa présence mais conteste les faits reprochés, a été condamné à six mois de prison ferme avec mandat de dépôt, auxquels s'ajoute la révocation du reliquat d'un sursis, soit sept mois de détention, avec interdiction de paraître pendant un an aux abords des lycées de la ville, précise Oise Hebdo, qui a suivi l'audience. Il s'agit de la première condamnation dans l'Oise depuis le début du mouvement.
Le même jeudi, deux professeurs de philosophie ont témoigné auprès d'Oise Hebdo de l'agression dont ils disent avoir été victimes lundi 5 octobre devant le lycée Langevin de Beauvais, une vidéo de l'incident ayant circulé sur les réseaux sociaux.
Le mouvement dépasse le seul Oise : dans la Somme, près de 800 personnes ont manifesté jeudi pour soutenir les revendications des lycéens, avec sept interpellations en marge, selon ICI Picardie. La suite reste incertaine : les lycéens de Compiègne disent vouloir prolonger la mobilisation jusqu'aux vacances, tandis que la préfecture encadre désormais strictement les abords du lycée de Creil.
Sources
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