Aisne : en grève devant le SDIS à Laon, les sapeurs-pompiers réclament 80 recrutements supplémentaires
Jeudi 8 octobre, une cinquantaine de sapeurs-pompiers de l'Aisne ont installé un piquet de grève devant le SDIS, à Laon, dans le cadre d'un mouvement national engagé le 8 septembre. Selon la CGT, il manque environ 80 sapeurs-pompiers professionnels dans le département, qui en compte 357. Le président du SDIS soutient les revendications et évoque une activité en hausse de plus de 10 % l'an dernier. Le mouvement est prolongé au moins jusqu'au lundi 20 octobre.

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De 9 heures à 17 heures ce jeudi 8 octobre 2026, une cinquantaine de sapeurs-pompiers de l'Aisne ont installé leur piquet de grève devant les locaux du SDIS, à Laon. Réunis en intersyndicale dans le cadre d'un mouvement national engagé le 8 septembre, ils dénoncent un manque de moyens et d'effectifs touchant aussi bien les sapeurs-pompiers professionnels que les personnels administratifs et techniques.
80 postes professionnels manquants
Selon François Bortzmeyer, secrétaire départemental de la CGT du SDIS de l'Aisne et sapeur-pompier professionnel depuis 1995, il manquerait environ 80 sapeurs-pompiers professionnels dans le département pour que les centres de secours disposent d'effectifs suffisants. Le SDIS de l'Aisne compte actuellement 357 professionnels. « Il nous faut 80 emplois en plus pour vivre normalement, avoir des effectifs corrects dans les centres de secours », affirme-t-il auprès de France 3 Hauts-de-France, en chiffrant à environ 44 000 euros le coût de la première année d'embauche d'un professionnel, formation et équipement compris. Les syndicats soulignent un paradoxe : des concours sont organisés et des candidats sont inscrits sur les listes, mais les postes manquent pour les recruter.
Des délais d'intervention allongés redoutés
Isabelle Lambour, secrétaire SNSPP-PATS et assistante sociale au SDIS depuis vingt ans, alerte sur les conséquences de ce manque d'effectifs : dans certains secteurs du département, elle évoque des délais d'intervention pouvant atteindre 40 à 50 minutes en cas d'incendie. Selon elle, le recours aux sapeurs-pompiers volontaires, complémentaire des professionnels, ne peut pas constituer l'unique réponse : si tous les volontaires s'arrêtaient en même temps, les effectifs titulaires ne permettraient plus d'intervenir auprès de la population.
Un financement à rééquilibrer vers l'État
Le SDIS est financé par le Département, les communes et les intercommunalités. Pour les syndicats, ces collectivités ont atteint leurs limites et l'État doit désormais contribuer aux moyens humains. Ils critiquent le « pacte capacitaire » annoncé par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez après la grande manifestation du 29 septembre : les crédits annoncés viseraient principalement l'investissement et l'achat de matériel, notamment face au risque de feux de forêt, et non les recrutements.
Le président du SDIS soutient le mouvement
David Bobin, président du SDIS de l'Aisne, s'est rendu auprès des grévistes et apporte son soutien aux revendications. Selon lui, la pression opérationnelle a fortement augmenté depuis 2020 et l'activité a encore progressé de plus de 10 % l'an dernier, tandis que les recettes n'augmentent pas au même rythme. Il cite notamment la hausse des cotisations retraite des sapeurs-pompiers, qui représenterait environ 500 000 euros de dépenses supplémentaires par an pour le SDIS, ainsi que celle du coût du carburant et des fluides. Le SDIS n'est toutefois « pas dans le rouge », précise-t-il, mais dans une « situation tendue ». Il plaide aussi pour une meilleure répartition des interventions avec le SAMU et les services de santé, et estime que l'avenir du modèle de sécurité civile « se joue à Paris ».
Un mouvement prolongé au moins jusqu'au 20 octobre
L'intersyndicale nationale a décidé de prolonger la grève au minimum jusqu'au lundi 20 octobre. « On ne va pas lâcher », indique François Bortzmeyer. Les chiffres avancés — 80 postes manquants, 357 professionnels en poste, activité en hausse de plus de 10 %, surcoût de 500 000 euros par an — proviennent des déclarations des syndicats et du président du SDIS relayées par la presse locale ; aucune donnée officielle contradictoire n'était disponible au moment de la publication.
Sources
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