Chantilly : un siècle après son vol rocambolesque, le Diamant rose se dévoile au musée Condé
Cent ans après le cambriolage du 12 octobre 1926, le joyau de plus de neuf carats du musée Condé, retrouvé caché dans une pomme, est présenté au château de Chantilly dans une exposition événement visible jusqu'au 3 janvier 2027.

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Jusqu'au 3 janvier 2027, le musée Condé du château de Chantilly (Oise) consacre une exposition événement au Diamant rose, l'un des trésors de ses collections. Présentée au cabinet des gemmes et dans la galerie de Psyché, en partenariat avec l'École des Arts Joailliers et avec le soutien de Van Cleef & Arpels, elle raconte pour la première fois l'histoire complète d'une pierre restée entourée de légendes.
L'exposition s'inscrit dans le centenaire d'un cambriolage resté célèbre. Le 12 octobre 1926, profitant d'un système de sécurité défaillant, Léon-Émile Kauffer et son cousin Émile Souter franchissent les douves du château et s'emparent, dans le cabinet des gemmes, du Diamant rose et d'autres joyaux du duc d'Aumale. L'affaire passionne la presse internationale et mobilise à la fois la police française et Scotland Yard.
Le dénouement, deux mois plus tard, a la saveur d'un roman policier. En décembre 1926, une femme de chambre découvre la grosse pierre rose cachée dans une pomme, dans la chambre d'un hôtel parisien proche de la gare de l'Est. Cette trouvaille permet l'arrestation des voleurs, qui ont déjà fait démonter et revendre la plupart des autres bijoux. Condamnés à l'issue d'un procès très suivi, ils laissent le diamant intact : restitué au musée en 1928, celui-ci n'a depuis été montré au public que très exceptionnellement.
Ce voile se lève grâce à un projet de recherche interdisciplinaire mené entre enquêtes d'archives et analyses gemmologiques. Des documents méconnus ont été mis au jour et les analyses scientifiques ont mis en évidence le caractère exceptionnel de la pierre, dont la couleur tient à des caractéristiques physiques rarement observées. « Le Diamant rose, dit Grand Condé depuis la fin du XIXe siècle, fait partie des chefs-d'œuvre du musée Condé au même titre que les Très Riches Heures du duc de Berry ou que les Trois Grâces de Raphaël », résume Mathieu Deldicque, directeur du musée Condé et du musée vivant du Cheval.
La recherche dissipe aussi une légende tenace : aucune source ne permet d'affirmer que le Grand Condé (1621-1686) ait jamais possédé le joyau. La première mention certaine date de 1740, dans l'inventaire après décès de Louis Henri, duc de Bourbon et prince de Condé, où la pierre « couleur de rose » taillée en pendeloque orne l'insigne de la Toison d'or du prince. En 1833, après la vente des bijoux de la succession du dernier prince de Condé, le diamant entre dans les collections de la reine Marie-Amélie, avant de rejoindre celles du musée Condé.
Un retournement heureux qui rappelle celui des doigts de la statue de Turpin, revenus au château de Pierrefonds cinquante ans après leur vol. L'exposition « Le Diamant rose » est visible jusqu'au 3 janvier 2027 dans le cadre de la visite du château de Chantilly, rue du Connétable.
Sources
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